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mercredi 19 mars 2008

Fiscalité pour les NULS ... ou ... Dîner de C...!

Supposons que chaque jour, 10 personnes sortent dîner en groupe.
L'addition pour les 10 convives s'élève à 100 EUR. Si ces personnes payaient l'addition de la même façon que nous payons les impôts, elles se partageraient la note ainsi:

Les 4 premiers convives, les plus pauvres, ne paieraient rien.
Le 5e convive paierait 1 EUR.
Le 6e convive paierait 3 EUR.
Le 7e convive paierait 7 EUR.
Le 8e convive paierait 12 EUR.
Le 9e convive paierait 18 EUR.
Le 10e convive, le plus riche, paierait 59 EUR.

Les 10 personnes dînaient jour après jour au restaurant et semblaient satisfaites de l'arrangement.

Un jour, le patron décida de leur octroyer une ristourne:
"Puisque vous êtes tous de si bons clients, je vais vous réduire le prix de votre repas quotidien de 20 EUR".

Ainsi, à partir de ce jour, le dîner ne revenait plus qu'à 80 EUR. Le groupe souhaitât poursuivre la même 'juste' répartition de l'addition.

Il fut décidé que les 4 premiers continueraient à dîner gratuitement.

Mais comment répartir les 20 Euros de ristourne entre les 6 autres personnes?
Celles-ci réalisèrent que 20 EUR divisés par 6 font 3.33 EUR.
Si on retranchait ce montant de chacune des parts, la 5e et la 6e personne finiraient par percevoir une RETRIBUTION pour consommer leur repas.

Aussi, le patron du restaurant suggéra qu'il serait équitable de réduire la part de chacun à peu près proportionnellement au montant de leur participation antérieure.

Et ainsi fut fait,
Le 5e ne payait plus rien.
Le 6e payait 2 au lieu de 3 EUR (économie de 33%)
Le 7e payait 5 au lieu de 7 EUR (économie de 28%)
Le 8e payait 9 au lieu de 12 EUR (économie de 25%)
Le 9e payait 14 au lieu de 18 EUR (économie de 22%)
Le 10e payait 49 au lieu de 59 EUR (économie de 16%)

Chacun des 6 convives profitait de cet arrangement et les 4 personnes les plus pauvres continuaient à consommer gratuitement.

Mais une fois hors du restaurant les 10 commencèrent à comparer leurs économies respectives:

- Le 6e déclara: "je n'ai bénéficié que d'1 des 20 EUR concédés par le patron". Elle pointa alors son doigt sur la 10e personne : "Lui, en revanche, a profité de 10 EUR !".
- " Oui, c'est vrai", s'exclama la 5e personne. "Moi aussi, je n'ai économisé qu'1 EUR, c'est injuste qu'il ait reçu 10 fois plus que moi!"
- " C'est vrai!!" hurla la 7e personne. "Pourquoi devrait-il recevoir 10 EUR en retour alors que je n'en ai eu que 2? Ce sont toujours les riches qui profitent des réductions!"
- " Attendez voir!" s'exclamèrent à l'unisson les 4 premières personnes. "On n'a rien reçu du tout. Ce système inique exploite les pauvres!"

Et ainsi de suite ...

Le jour suivant, le 10e convive ne se présenta pas au dîner et les 9 autres dînèrent sans lui. Mais lorsque le patron apporta l'addition, ils réalisèrent qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour payer la totalité de l'addition.

Cherchez l'erreur!

(d'après une idée originale de Mr/Mme "X" transmise sous forme de spam par Mr/Mme "Y" et modifiée 'légèrement' par 'Un Citoyen Quelconque'.)

dimanche 24 février 2008

Aujourd’hui on nous donne le choix ( !?) entre récession, stagflation et/ou inflation.

Plus personne, en dehors de certains pays émergents, n’ose parler de croissance dans un avenir à terme visible. On commence plutôt à s’interroger sur la durée éventuelle de cette passe difficile et sur les conséquences probables.

Devons-nous vraiment avoir peur de cette conjoncture présentée comme une menace inéluctable ?

Le problème, c’est que dans une économie de marché, seule une croissance soutenue (supérieure au taux d’inflation) permet de maintenir ou d’augmenter le niveau de vie de tout un chacun.

Cela veut-il dire que, pour maintenir notre taux de satisfaction, nous devons tous devenir des « décroissants » : ils travaillent moins, ils gagnent moins, et ils sont heureux, comme définis sous la plume de Gaëlle Dupont dans Le Monde du 30/05/2007. Pas sûr, même si probable dans certaines limites, et heureusement, car une telle démarche n’est pas très favorable à l’évolution de l’humanité, et, écologie ou pas, ce sont bien les différents progrès, scientifiques, techniques, …, les différents ‘plus’ en général (pas les ‘moins’), qui ont permis à tout individu de s’adapter à un monde qui change en permanence et d’augmenter son espérance de vie; charge à chacun de se déterminer, individuellement ou collectivement, sur le bienfondé de ce parcours.

A ce sujet, Alan Greenspan, dans son excellent livre, Le Temps des turbulences (chez JC Lattès), déclare : « Face à l’aspect menaçant de la ‘destruction créatrice’ (concept, exprimé par Joseph Schumpeter en 1942, sur lequel on reviendra un peu plus loin), presque tout le monde dans les pays développés et une part croissante des gens dans les pays en développement ont préféré un moindre degré de bien-être matériel en échange d’un moindre stress. »
Mais dans ce cas il s’agit d’un choix personnel et qui n’est pas forcément significatif d’un point de vue macroéconomique.

Sur le plan macroéconomique le Figaro a publié le 22/02 une excellente analyse de Jean Pierre Robin, sous le titre : « La stagflation constitue un risque aussi périlleux que la récession pour les Occidentaux ». Si j’adhère totalement à son analyse : « … la stagflation … une telle situation est contre nature : le fonctionnement normal de tout marché est que les prix s'assagissent lorsque la demande recule.» Et de noter que non seulement les prix montent, en particulier sur les matières premières, mais de plus un autre phénomène nous vient d’Allemagne : « … l'accord salarial signé cette semaine dans la métallurgie allemande (une hausse de 5,2 %) constitue un signal d'alerte. » Il y a effectivement de quoi s’inquiéter et de conclure : « Il ne faut pas badiner avec la stagflation. »

Et pourtant, la conjoncture actuelle, vue à travers mon bout de lorgnette personnelle, me procure quelques raisons d’être fort satisfait.

Les prix des matières premières augmentent, et je mets dans cette catégorie les produits agricoles comme le lait, les céréales ou les fruits et légumes. Ce sont des matières premières pour toute l’industrie agro-alimentaire. Je suis satisfait et j’aurais même tendance à dire : enfin !
Enfin, mais ne crions pas victoire : cette semaine on a pu voir au Journal Télévisé un éleveur de porcs tout content de nous dire que les cours avait atteint les 165 Euros pour un prix de revient de 138 Euros. Il était super heureux car ce cours supérieur au prix de revient lui procurait une marge positive ; mais cela représente une marge brute de 16% et il n’y en a pas de trop pour payer les salaires, les frais et d’éventuels intérêts d’emprunts.

Par contre ce qui dérange c’est que cette augmentation des cours, à la production, est telle, pour le blé ou le lait, en particulier, que si les intermédiaires, industrie et distribution, ne font pas des efforts au niveau de leur propre marge (bien supérieure aux malheureux 16% du producteur de porcs néanmoins content d’être à nouveau ‘in boni’), alors on atteint des prix à la consommation qui sont susceptibles de chambouler les marchés.

Le marché ne semble pas prêt à supporter des augmentations de 12 à 25 % dans les produits de première nécessité. Et si le consommateur doit, seul, faire l’effort, alors, ce sera au détriment d’un autre secteur économique car, depuis quelque temps déjà, l’augmentation virtuelle du pouvoir d’achat s’est faite grâce à une baisse des prix résultant de l’amélioration constante de la productivité, et pas par des augmentations de revenus disponibles!

On a atteint la limite.

A revenus constants le consommateur ne peut pas faire face à une inflation générale, donc il devra faire des choix, et/ou il lui faudra obtenir une augmentation de salaire.

Et c’est là que l’information venant d’Allemagne est un témoin notable d’une certaine évolution des mentalités. Ces 5,2% sont nettement supérieurs au taux de l’inflation et donc sont synonymes d’une véritable augmentation de pouvoir d’achat à prix constants (!?).

La bouteille de vin au prix du soda, le kilo de tomates à un prix inférieur à l’heure de stationnement, l’intermédiation qui s’adjuge 90% de la valeur ajoutée, c’est autant de témoins d’un système qui a atteint ses limites.

Depuis les débuts de la révolution industrielle on a surfé sur la vague des ‘destructions créatrices’ (j’aurais plutôt parlé d’innovation destructrice, mais je ne m’appelle pas Schumpeter !). Schumpeter voulait signifier que certains progrès technologiques sont destructeurs de pans entiers de l’économie mais souvent au bénéfice de l’ensemble. Les communications en sont un exemple : pour faire court on peut dire que le télégraphe a remplacé les relais-postes, le téléphone a mis au chômage les télégraphistes, et à ce jour, Internet et le courrier électronique font plus que de l’ombre aux Postes. Néanmoins, nul ne peut nier que le développement des communications a largement favorisé les échanges, commerciaux ou non.

Permettez-moi d’ajouter, humblement, que les fondamentaux eux n’ont pas changé (alimentation, santé, logement, famille), même s’ils ont été occultés ou dépréciés par une frénésie de l’innovation et/ou du toujours ‘plus’, pas toujours indispensables. Nous ne ferons pas l’économie d’un retour à ces fondamentaux quoi qu’il en coûte.

Nous n’avons pas besoin d’une régression !
Tout au plus devons nous nous préoccuper d’une plus juste allocation des « emplois et ressources » (au sens comptable) de notre bonne vieille planète.

Même si « Le temps des turbulences » est bien là, Alan Greenspan reste fondamentalement optimiste : « Ce n’est pas par hasard que l’être humain persévère et continue d’avancer face à l’adversité. L’adaptation est dans notre nature, un fait qui me conduit à être profondément optimiste quant à notre avenir. »

Rien de bien nouveau en définitive.
Juste quelques mouvements erratiques.
A suivre.