jeudi 3 mai 2007

Le "pari" de J.M. Colombani

Lettre ouverte à Mr J.M. Colombani, en réponse à son éditorial de ce jour paru sous le titre : "Deux France" :

Cher Monsieur,

Permettez que nombreux soient nos concitoyens, responsables, à refuser l’«audace» de Mme Royal et/ou le «pari» de JM Colombani !

Si comme vous le dîtes fort bien : « Le débat n’a pas laissé apparaître … qu’il y avait bien deux France, deux visions de la société. » Tout un chacun aura pu remarquer que Nicolas Sarkozy a eu toute latitude pour exprimer clairement, sereinement et avec conviction ses propositions contenues dans son Programme Présidentiel, au moins sur les sujets que Mme Royal n’a pas voulu ou pu occulter.

Si «l’autre France, l’autre Société» n’ont pas transparu à l’occasion de ce débat, la faute en incombe complètement à Mme Royal qui, une fois de plus, a campé sur son volontarisme incantatoire et non démontré.

Par ailleurs, OUI, nous sommes nombreux à vouloir la fin de cet Etat-providence, que vous semblez regretter dans sa fonction redistributive. Mais n’est-ce pas cet Etat-providence qui est le responsable de la dévalorisation de l’école (80% d’une classe d’âge au baccalauréat, avec pour corollaire l’inculture et la non transmission des savoirs fondamentaux !) et de la dévalorisation du travail (minima sociaux et subventions variées rendant illisibles les attraits d’un travail normal) ?

OUI à la redistribution, mais encore faut-il qu’il y ait création de richesses !
Et avant la redistribution, encore faut’il, comme vous le dîtes, régler le problème du pouvoir d’achat de tout le monde jusqu’aux classes moyennes.
Et préalablement encore il faut retrouver le goût d’entreprendre !

Et à ce sujet je suis surpris que quelqu’un de censé comme vous puisse adopter la posture du cadeau aux «riches» en matière fiscale. Comment peut-on faire une diminution d’impôts à des citoyens qui n’en paient pas ?! François Hollande a même été jusqu’à décerner, publiquement, le brevet de «riche» à tout individu gagnant 4000 Euros par mois. Les limites de l’absurde ont été atteintes !

Et sur ce sujet, interrogez les classes moyennes que vous voulez secourir !

Depuis trop longtemps cet Etat-providence électoraliste s’est contenté de puiser dans les poches d’autrui sans souci du bilan global ! Et là encore le principe redistributif n’est pas en jeu ! Ce qui est en jeu c’est l’action positive pour le bien commun, y compris la redistribution équitable des gains.

Par contre je vous rejoins parfaitement quand vous dîtes de Mr Nicolas Sarkozy : « … qu'il a su mobiliser sur l'adhésion à son programme, sa capacité à le mettre en œuvre et à engager rapidement des réformes … ». N’est-ce pas ce que le pays attend ?!

Je vous suis encore quand vous dîtes du PS : « … le PS n'a pas su engager un travail de refondation comparable. C'est la faiblesse majeure qui a affecté la campagne de Mme Royal … faute d'un socle solide de réflexion collective préalable, mûrie puis métabolisée par la candidate. »

Donc à vous lire, vous reconnaissez que d’un coté on dispose d’un candidat parfaitement préparé, qui a reçu l’adhésion de son camp et au-delà, et, néanmoins vous voudriez que les français aient l’ «audace» de faire le «pari» de l’aventure ?! Dans l’état où est la France ?!

Pensez-vous sérieusement que votre posture soit raisonnable ?
Mon avis est que vous n’en croyez pas un mot et, que, dans votre for intérieur, vous êtes convaincu du coté inéluctable de la «défaite», qui plus est, «lourde» que vous dîtes redouter!

Néanmoins, je reconnais l’habileté rédactionnelle qui laisse, à tout un chacun, la liberté de choisir l’interprétation qui lui convient.

Et avec tout le respect que je vous dois, recevez Cher Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Eric M.

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